[CRITIQUE] JV le mag : cette fois ci, zéro culture du viol, et un poil (pubien ?) de culture vidéoludique

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Que personne ne s’offusque du minable titre de cet article. Quand un nouveau magazine vidéoludique sort dans les kiosques, j’ai en effet envie de troller ; et même, il est de mon devoir de troller ce qui relève généralement d’une démarche un peu vaine (au mieux), ou bien du foutage de gueule le plus total (le plus souvent). Un nouveau magazine JV dans les rayons des librairies, avec des anciens de Joystick dedans ? Il fallait bien que je fasse référence à l’affaire Joystick dans mon titre. Eh oui, je n’ai pas la mémoire aussi courte qu’un DLC de Capcom, je n’oublie pas les dérives de certains. Surtout, à vouloir sans cesse renouveler la presse JV avec les vieux croûtons d’antan, tout septique que j’étais (question d’habitude), j’avais déjà préparé des titres hyper tranchants. Pour un mag qui s’intitule très sobrement (hum…) « JV, sortons le grand jeu », ma plume s’apprêtait déjà à découper subtilement en lambeaux cette publication, en titrant « JV, sortons les p’tits vieux » ou bien « JV, torchon miteux »…

… puis, je me rendis compte que ce serait probablement aussi peu drôle que de violer littérairement Lara Croft par tous les trous. Surtout, JV Le Mag m’a beaucoup déçu. Avant lecture, je me faisais déjà un plaisir d’en dire du mal ; après lecture, je suis bien obligé de reconnaître que le magazine frôle la décence. Et qu’il est loin d’être aussi inintéressant que son principal « concurrent », Video Gamer

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Qu’est-ce qu’un bon magazine JV en 2013 ? Passons sur le fait qu’il n’y a quasiment plus de magazines JV en kiosques, et que cette question reste en conséquence largement théorique. JV Le Mag existe, lui, et je peux donc au moins dire ce que j’attends de CE magazine. Pour moi, un bon mag JV en 2013, c’est un magazine qui fait exactement l’inverse de ce que la presse JV nous sert depuis 30 ans. Des tests « objectifs » ? Non, je veux lire des critiques subjectives, quitte à devoir consulter ensuite d’autres publications, ou bien les forums/blogs, pour tempérer celles-ci. Des notes ? Non, j’attends d’un journaliste « testeur » (oh, que ce terme est impropre, et qu’il pue le Doritos au fromage au niveau des pieds…) qu’il évalue une oeuvre vidéoludique, pas un grille-pain Moulinex. Un humour calibré pour plaire aux adolescents prépubères (1) ? Non, j’ai plus de 14 ans, et mon pubis est fort poilu. Des informations payantes que je peux déjà retrouver gratuitement sur le net ? Évidemment que non ! Au bûcher les Crevette et autres AHL, la presse vidéoludique en 2013 doit trouver de nouvelles références, elle doit se positionner sur un créneau plus adulte, adopter un ton plus mature, et si possible, employer des plumes qui, sur le plan littéraire, aillent un chouia plus loin que le traditionnel sujet-verbe-complément.

Et à ce titre, la « profession de foi » (2) de l’équipe de JV Le Mag est plutôt rassurante. La main droite sur la Bible (et la gauche dans le slip), l’équipe nous promet de ne plus faire comme avant, de brûler les idoles du passé, de dénoncer à la Gestapo les auteurs de blagues celesto-cosmiques sur les loutres et autres animaux plus mignons que la moyenne, ou bien encore les agrafes en carton dans les magazines JV à moins de 3 euros, et au diable les tests chirurgicaux d’appareils électroménagers, et autres jeux vidéo, au feu la sempiternelle rubrique Trucs et Astuces, qu’on l’enterre dans une décharge du Nouveau-Mexique avec les fondateurs de Davilex et ces saloperies de jeux E.T. The Extra-Terrestrial sur Atari 2600, et organisons des autodafés de vieilles VHS de Télévisator 2, brûlons les banques suisses, ou se cachent les réserves de Doritos mal acquis par ces journalistes vidéoludico-fascistes… arf… arf… arf. Désolé. Ça, c’était MA profession de foi. Mais celle de l’équipe de JV Le Mag, bien qu’étant un chouia plus tempérée, reste plutôt progressiste. Des gros dossiers, du JV appréhendé comme une « pratique culturelle », une approche transversale plutôt que bocale (c’est-à-dire coincée dans un bocal, j’invente des mots, je n’aime pas l’expression « vase clos »), un ton proche de SO FOOT, une indépendance fièrement revendiquée (mais sans les bombes du FLNC… pour l’instant), et un prix pour toutes les bourses (3,95 €), pas seulement pour celles qui se vident en glosant sur le derrière de Lara Croft.

Cool. Comme la gauche qui gagne en 2012. Reste à savoir si JV Le Mag n’est pas une arnaque, on en a déjà vu d’autres – et pas que dans le domaine de la presse vidéoludique.

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Déjà, un très bon point : je n’ai pas vu de tests dans JV Le Mag. Oh, bien sûr, j’ai pu y lire quelques avis, plus ou moins (plutôt plus que moins d’ailleurs) argumentés, au sein – rien à voir avec Lara Croft – d’articles plutôt courts, et ça, c’est bien. Parce que, pour 3,95 €, JV Le Mag ne pouvait de toute façon pas proposer une publication de 268 pages, comme en 1998. Le magazine fait 96 pages ; je suis prêt à chanter les louanges de celui dans la team de JV Le Mag qui a compris qu’il était vain d’en consacrer 72 aux tests, en sacrifiant tout le reste. Il ne sert à rien de courir après le net, qui peut coller (son anus) au plus proche des NDA des éditeurs, et proposer des tests aussi longs qu’une partie de Desert Bus. De plus, j’ai utilisé ici le mot « test », mais c’est le terme « critique » que l’on retrouve dans le mag. Ça, aussi, c’est bien. Et puis, sur papier, ça ne casse pas le référencement internet, pas de mal de crâne pour le développeur SEO. Critique donc ? C’est un texte pas objectif du tout, qui n’est pas gravé dans le marbre, et qui prête à débat. Je préfère ça à tous ces tests pseudo-objectifs, dont le seul but est de flatter l’égo de celui qui le rédige, en ayant la prétention de servir éternellement de référence, de point de repère aux joueurs. Ne rigolez pas, il y a encore des gens sur cette planète pour balancer les notes Player One ou bien Consoles + lorsqu’ils argumentent à propos d’un jeu rétro (3). Alors, va pour les critiques. Qui, parfois même, témoignent d’un réel effort d’écriture, comme celle de The Stanley Parable par Corentin Lamy.

Cool aussi, l’absence de notes. Bon, il y a bien un indicateur (une manette qui sourit beaucoup, un peu moins, beaucoup moins, ou pas du tout), que certains assimileront à une note sur quatre (1/4, 2/4, 3/4, 4/4 donc), mais c’est ni plus ni moins ce que fait la presse cinéma depuis fort longtemps, et en fin de compte, plus personne ne fait vraiment attention à ces notes. C’est la critique qui compte dans cette presse, et c’est elle qui fait parfois la polémique, pas les notes. J’espère que la presse vidéoludique finira par suivre cette voie. Car le média JV a besoin de débats centrés autour de ses œuvres et de ses créateurs ; j’en ai rien à branler que Gamekult foute un 5/10 à Heavy Rain, c’est de la polémique de bac à sable, ça. Accessoirement, axer le débat sur les œuvres plutôt que sur les notes, c’est considérer le jeu vidéo comme étant un produit culturel (voire, une démarche artistique, non, ce n’est pas un gros mot), et pas un vulgaire produit de consommation – ce qu’il est quand même parfois, aucune approche du média ne pouvant définitivement exclure toutes les autres. Alors, va pour l’absence de notes. De toute façon, un jeu comme The Stanley Parable est irréductible en un simple indicateur chiffré.

Quelques réserves tout de même sur les critiques. JV Le Mag a fait le choix de la non-exhaustivité. Le magazine n’est pas un guide d’achat, et ne prétend donc pas chroniquer Lara Croft… euh, pardon. Je voulais dire, JV Le Mag ne prétend pas chroniquer l’ensemble des sorties chaque mois. Et ça aussi, c’est bien. Sauf que, IMHO, JV Le Mag en chronique encore un peu trop. Il serait peut-être bon de dégager quelques micro-critiques, et une ou deux grosses critiques, pour réduire le panorama à quelques jeux, chacun d’entre eux bénéficiant du coup de plus de pages (mais pas trop quand même). Quitte à rejeter la démarche « guide d’achat », autant aller jusqu’au bout, non ? Autre réserve – et c’est la conséquence directe de la première – certaines critiques sont beaucoup moins soignées que d’autres. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’à vouloir aborder trop de jeux, le risque est de ne rien avoir à dire de pertinent ou d’original pour certains d’entre eux. Voilà pourquoi il faudrait – IMHO, je le précise à nouveau – que la team se limite à quelques jeux. Une critique devrait toujours avoir quelque chose à dire sur le média, au-delà d’un simple avis sur tel ou tel jeu. JV Le Mag doit nous raconter une histoire, une épopée même, du jeu vidéo, au fil des mois. Prendre position. Dans le temps. Et avec cohérence. En fonction d’une certaine vision de ce que doit être le média JV selon la team. C’est par ailleurs une telle approche qui pourrait conférer une véritable identité au magazine.

C’est ce qu’on appelle une ligne éditoriale, je crois.

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Anyway, niveau critiques, JV Le Mag se démerde plutôt bien. Mais puisque je viens d’aborder le sujet de la ligne éditoriale, il est temps de juger du ton du magazine. L’équipe de JV Le Mag nous promettait du SO FOOT, c’est à dire quelque chose d’assez paradoxal quand on connait ce magazine de foot. À savoir, des sujets sérieux, souvent transversaux, mais abordés de façon assez cynique… trollesque diront les p’tits jeunes. Et là, pour l’instant, je trouve que la team de JV Le Mag se cherche encore un peu. Certes, certaines critiques sont (relativement) incisives. Mais ça s’arrête là… ah non, le magazine propose aussi une ou deux rubriques repompées de SO FOOT, il est vrai (4). À part ça, le reste demeure un poil trop scolaire, alors que SO FOOT sait à chaque instant nous raconter une histoire, en accordant parfois plus d’attention au contexte et aux petits bruits de couloirs qu’aux faits eux-mêmes. En fait, SO FOOT a tendance à romancer son sujet, là ou JV Le Mag reste trop scolaire dans son propos. Pour le dire autrement : JV Le Mag ne propose pas une approche suffisamment intéressante du média JV sur le plan littéraire, alors que le lecteur trentenaire, un peu moins débile que le joueur/consommateur moyen, et qui cherche de la valeur ajoutée lorsqu’il paye pour lire quelque chose, en attend un peu plus. Forcément.

D’aucuns diront qu’il faut du temps pour trouver ce ton – ou un autre, n’importe lequel, pourvu qu’il soit original et un peu profond. Mais pour ma part, je pense que le problème est plus complexe. Beaucoup pensent que la proximité entre les journalistes et les éditeurs/développeurs/constructeurs/actionnaires/RP… acteurs du milieu du jeu vidéo, quoi, est trop importante. Mais, attention, tout ceci n’est qu’un leurre. En effet, si tout ce beau monde fréquente les mêmes soirées où le champagne coule à flots, où les Doritos sont offerts, et où les escorts girls sont (parfois) disponibles à l’étage, le reste du temps, le journaliste JV n’est jamais sur le terrain, et n’a guère le loisir de humer l’air du temps, de prendre le pouls du milieu, de s’imprégner de l’atmosphère qui règne dans les couloirs de telle ou telle boite à fric du jeu vidéo. Demandez donc à un journaliste JV de vous balancer quelques anecdotes, puis répétez l’expérience avec quelques autres, et vous verrez : ce sont toujours les mêmes qui circulent, rabâchées sans cesse, et souvent aussi vieilles que la presse vidéoludique elle-même. En fait, contrairement aux idées recrues, il existe une grosse étanchéité du milieu du jeu vidéo vis-à-vis de la presse qui est censée en parler.

Trop grosse. Étanchéité qui par ailleurs, est parfaitement souhaitée et organisée par les éditeurs, qui entretiennent pour leurrer tout le monde l’illusion que les journalistes peuvent tâter le terrain, en organisant des soirées, salons, et autres events vides de sens, aseptisés. Conséquence : je ne pense pas que JV Le Mag puisse faire du SO FOOT. Dans le milieu du foot, les journalistes (les vrais, pas la majorité, certes) sont au plus proche du terrain, les taupes se terrent partout dans les clubs, et autres instances du football, et ce qui se passe dans l’arrière-cuisine de tel ou tel acteur du milieu du football finit le plus souvent par être étalé dans la presse. Le système n’est pas vraiment transparent, mais la confrontation des intérêts particuliers finit souvent par des éclaboussures médiatiques, ce qui tend vers la transparence. Or, inutile de démontrer outre mesure que dans le milieu du jeu vidéo, c’est exactement le contraire : les intérêts (notamment économiques) des journalistes dépendent de ceux des éditeurs, qui les tiennent par les couilles. Il y a confusion des intérêts des différents acteurs, plutôt que confrontation. Donc, le SO FOOT du jeu vidéo, à mon avis, ce n’est pas demain la veille…

… et je respecterai éternellement l’équipe de JV Le Mag si elle parvenait soit : à me prouver le contraire ; soit, au fil du temps, à faire bouger les lignes.

Enfin, sur le ton (qui se cherche encore, donc), on peut regretter quelques rubriques. Celle qui reproduit un (faux) fac-similé d’un journal imaginaire traitant du jeu vidéo, en 1993, tombe à plat. Tentative d’humour à base de « je parle du jeu vidéo du futur, et je fais comme si je ne connaissais pas encore celui-ci », ça ressemble juste à un mauvais hommage à la mauvaise presse des années 90. Dont JV Le Mag doit à tout prix se démarquer. De même pour la fausse publicité à propos d’un faux jeu de cartes voulu comme (faussement) satirique sur certains créateurs de jeux vidéo. On dirait encore une fois de l’humour type Player One (merde quoi, j’ai plus 12 ans !) ; surtout, l’humour et la satire, j’aimerais bien la voir plus souvent dans les « vrais » articles du magazine. Au final, quatre pages de gâchées, et quand on en a que 98 à proposer au lecteur, c’est un luxe fort dispensable, ma p’tite dame.

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Abordons enfin le (reste du) contenu de JV Le Mag. Celui-ci est malheureusement un peu trop influencé par le contenant, qui hiérarchise le magazine selon un schéma « actu – previews – tests (critiques) – autres », maintes fois rabâché. Quoique, je suis peut être un peu injuste sur ce point, car le découpage n’est pas aussi net. Mais j’ai tout de même l’impression que tout a été fait pour dissimuler cette hiérarchisation, plutôt que pour repenser complètement celle qui prévaut dans la presse vidéoludique depuis trente ans. Rien de grave, mais j’attendais un peu plus d’audace.

Il n’empêche, il y a de belles choses à lire dans ce JV Le Mag. Je n’évoquerai pas le contenu de manière exhaustive ; juste ce qui me parait sortir du lot. Par exemple, le billet d’humeur de Corentin Lamy (encore lui !) sur ce qu’il juge être un excès de narration dans certains jeux vidéo (le dernier Tomb Raider par exemple). Billet d’humeur. Un terme qui parait bien banal pour un blogueur – l’article que vous lisez en ce moment même comporte quelques passages tendant vers le billet d’humeur. Très, très banal, oui. Et pourtant. Les rédactions des magazines ou sites JV français ressemblent le plus souvent à un gouvernement (politique) ou aucune dissonance individuelle n’est permise vis-à-vis d’un discours global, d’une position collective. « Tu fermes ta gueule, ou tu démissionnes ». Et le journaliste vidéoludique en France, c’est ce qu’il sait faire de mieux, fermer sa gueule. À 600 €/mois les 45 heures de boulot par semaine en tant que pigiste, il n’a de toute façon pas trop le choix. La presse JV anglo-saxonne est très différente sur ce point, la parole y est beaucoup plus individuelle que collective, les prises de positions et autres coups de gueule s’épanouissent sans trop de difficulté, et parfois même, un rédacteur répond à un autre dans un second billet pour critiquer sa vision des choses. Une même rédaction peut donc avoir plusieurs positions sur un même sujet (5). Et personne n’y voit aucun mal. Alors, je ne peux qu’encourager JV Le Mag à régulièrement prendre position sur certains sujets qui font débat dans le microcosme vidéoludique par la plume de ses rédacteurs. Même si celles-ci ne reflètent pas la position de l’ensemble de l’équipe – j’imagine aisément que l’excès de narration que dénonce Corentin Lamy, n’est pas une position partagée par toute l’équipe du magazine.

Rebelote dans une autre rubrique du magazine intitulée Médiarama, où Corentin Lamy (encore lui… mais dégage, quoi !) aborde le sujet des notes dans les tests, en rebondissant sur de récentes polémiques dans la presse JV anglo-saxonne (6). Ça, c’est doublement bien. Et d’une, parce qu’on a le droit à un second billet d’humeur (il y en a même un ou deux autres dans le magazine) ; et de deux, parce que cette rubrique a vocation (si j’ai bien compris) à parler de la presse vidéoludique. La presse vidéoludique qui parle d’elle même, de manière critique, c’est peut-être enfin le signe que celle-ci prend le chemin de la maturité (7). Et de trois – et donc, c’est triplement bien, pas seulement doublement – parce que la rédaction de JV Le Mag affirme sa propre ligne éditoriale en essayant de démontrer la vacuité du concept de notes dans les tests/critiques. Cohérent. Pourvu que dans les prochains numéros, la rédaction de JV Le Mag ose aussi tirer un peu sur la presse vidéoludique… française. Allez, un peu de couilles, les gars ! (ou d’ovaires… ça manque un peu d’ovaires dans l’équipe du magazine, ou sont les femmes ?)

Notable aussi, l’article rétro à la fin du magazine sur la genèse de GTA. Qui n’est pas un simple article sur le gameplay de GTA, ou bien un recensement à la con de dates, ou de faits non contextualisés ; non là, enfin, ça ressemble (un tout petit peu) à SO FOOT, on a l’impression d’y être. Excellent article (8), et je préviens d’avance l’équipe de JV Le Mag : j’en veux un comme ça à chaque numéro ! Notable encore, le dossier sur les « micro-consoles ». Ouya, Gamestick, Shield, unu, Steam Box, Edge, Moulinex, Aneros… avant, je m’y perdais, dans tout ce foutoir. Grâce à ce dossier, enfin, j’ai les idées bien en place. Un dossier pas forcément flamboyant, mais plutôt utile. J’ai aussi beaucoup apprécié l’article sur les clés russes pour jeux PC. Je connaissais assez mal les tenants et les aboutissants de ce business ; voilà encore un article qui m’apprend des choses.

Vraiment, il y a pas mal de bons trucs dans ce JV Le Mag. Au point même que je n’ai pas envie de trop m’attarder sur les quelques dossiers (ou articles) plus dispensables. Le dossier sur la next gen n’apporte pas grand-chose par rapport à ce qui est disponible sur le net. L’analyse sur le phénomène Candy Crush est trop peu… analytique. Dommage pourtant, car le thème choisi est super légitime, je crois vraiment qu’il est pertinent de proposer aux joueurs aguerris des analyses sur certains jeux casuals, car le joueur aguerri doit justement s’intéresser à tous les aspects du jeu vidéo. Y compris ces gros jeux de merde sociaux sur Facebook… oups. Désolé. Manque d’ouverture de ma part (en même temps, je fais tout pour ne pas me faire violer par un membre de la rédac de JV Le Mag, on ne sait jamais… OK, OK, j’arrête avec cette histoire de Lara Croft, ça devient lourdingue, je sais). Tout ça ne pèse pas bien lourd au regard du reste du magazine, qui tente vraiment d’apporter un peu de valeur ajoutée – en même temps, c’est pour ça que je paye, hein.

Bon, finalement, malgré la (grande ?) qualité de ce magazine, j’ai quand même réussi à placer quelques trolls, non ? Ahah. Mais rien de méchant. D’autant plus que JV Le Mag, qui se cherche encore un thon… euh, pardon, un ton (normal après seulement un numéro), propose déjà un contenu tout à fait décent, pour un prix honnête (3,95 €, mais celui augmentera très probablement au bout de quelques numéros… en dessous de 6,50 €, je ne crierai pas à l’arnaque). Largement meilleur que ses concurrents Video Gamer et Jeux Video Magazine (ce qui n’est pas bien difficile en même temps…), je vous conseille fortement l’achat du premier numéro, et un soutien sur au moins trois numéros ensuite, afin de voir où l’équipe de JV Le Mag nous mène. En l’état, le bidule est encore un peu inachevé, en travaux. Mais le potentiel est là. Reste à voir si JV Le Mag annonce un renouveau de la presse vidéoludique, ou bien si celui-ci crèvera au bout de quelques numéros, rejoignant au cimetière ce que j’appelle la « presse de transition » (9), c’est-à-dire les IG Mag, Icare Mag (qui n’est pas mort, mais qui ne peut tenir son rythme trimestriel, et n’a donc pas réussi à devenir un périodique) et autres Gaming, Game Fan, Amusement (ne parait plus en français), Retrogame, Background… Ce que l’on peut souhaiter de mieux à JV Le Mag, c’est de connaitre un destin à la Canard PC. On en reparle dans dix ans.

BigBossFF, critique des critiques qui critiquent la presse vidéoludique…

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(1) En fait, je n’ai jamais compris le sens de cette expression. En effet, un adolescent, par définition, c’est pubère, non ? Ne devrait-on pas dire « préadolescent prépubère » ? Est-ce pour éviter les accusations de pédophilie que toute mention à l’enfance est gommée ? Marc Dutroux lit-il JV Le Mag au fond de sa cellule ? Aaaaagh, ça fait trop de questions sans réponses, il faut que je mette Nathanaël de Rincquesen sur le coup…

(2) Curieusement, on ne trouve cette profession de foi que sur ZQSD, site qui fût – et demeurera, je pense – l’Arche de Noé de l’équipe de Joystick suite à la disparition du mag dans des circonstances tragiques, une histoire de rédacteurs violés par des féministes, où je ne sais trop quoi. En revanche, sur le site de JV Le Mag, nulle trace de ce billet. C’est dommage, car cette profession de foi DONNE VRAIMENT ENVIE de se procurer le magazine. Encore faudrait-il que le chaland puisse facilement y accéder…

(3) Et dans 10 ans, des petits cons de 20 ans nous expliqueront que Teenage Mutant Ninja Turtles NES, c’est de la merde, parce que le Joueur du Grenier (http://www.youtube.com/watch?v=bHHeoDmqdKQ) et l’AVGN (http://www.youtube.com/watch?v=XjUz8IT0CYg) en disent du mal… monde de merde.

(4) Les rubriques à base de cases et de flèches, avec des noms dedans, qui établissent des relations entre des choses ou des personnes qui n’ont (presque) aucun point commun… bon, si vous n’avez jamais lu SO FOOT, vous ne pouvez pas comprendre, na ! Les autres comprendront de quoi je suis en train de parler.

(5) Ce qui – précisons-le – ne veut pas dire qu’elle puisse avoir plusieurs lignes éditoriales. On peut très bien aborder le média JV de la même manière, tout en arrivant parfois à des conclusions très différentes. Moi par exemple, qui apprécie le JV en tant que démarche artistique, peut très bien voir en Bayonetta en jeu what the fuck complètement cohérent pour ce qui est de son background, là ou un autre individu abordant aussi le jeu vidéo dans une démarche artistique, y verrait un jeu putassier, racoleur. Deux positions radicalement différentes… et alors ? L’un dans l’autre, on juge le background plutôt que le gameplay (qui fait d’ailleurs l’unanimité dans Bayonetta), c’est un socle commun d’analyse, pas une divergence de ligne éditoriale (à considérer que cet individu et moi, constituons une rédaction).

(6) À savoir, Gamespot qui note Bioshock Infinite 9/10, puis qui le re-note sept mois plus tard 4/10 ; et Polygon qui note Sim City 9,5/10… puis 8/10… puis 4/10, avant de remonter la note à 6,5/10.

(7) Voici encore une chose fort banale dans la presse JV UK/US, alors qu’en France, règne l’omerta, sur fond de relations consanguines entre journalistes…

(8) Attention, je n’ai pas vérifié si les infos étaient exclusives (peu probable… et je n’en demande pas tant), s’il s’agit plutôt d’une synthèse de sources déjà disponibles (c’est fort probable, et parfaitement honnête) ou bien s’il s’agit d’un plagiat (hautement improbable, mais avec la sortie récente du Jacked de David Kushner en français, que je n’ai pas encore lu, on n’est pas à l’abri).

(9) Par ce terme, je désigne la presse qui a tenté, et tente encore, de sortir du modèle de la presse JV des années 90, immature, rédigée pour des adolescents (voire, des enfants), pour créer un nouveau modèle… qui reste encore à définir et à viabiliser d’un point de vue économique.

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